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BLEUS – KARIM BENZEMA, UNE HISTOIRE À RACCOMMODER ET UN DESTIN À ÉCRIRE EN ÉQUIPE DE FRANCE

EURO 2020 – L’histoire de Karim Benzema avec l’équipe de France est tourmentée. De ses débuts réussis à son éclipse de cinq ans et demi, le Madrilène n’a jamais pesé sur le destin des Bleus comme son talent l’y invitait. A 33 ans, une inattendue seconde chance lui est offerte. L’occasion de marquer enfin de son empreinte la sélection.

Tout avait bien commencé. A la pause de France – Autriche en ce 28 mars 2007, Karim Benzema remplace Djibril Cissé pour sa première sélection. Huit minutes plus tard, il inscrit le seul but du match sur une passe de Samir Nasri, un autre nouveau venu. Une mise en orbite réussie pour le nouvel astre de l’équipe de France qui incarne déjà la nouvelle génération. Celle qui doit succéder aux Bleus de Zinedine Zidane, vice-champions du monde quelques mois plus tôt. Mais rien ne sera rectiligne dans la trajectoire de Benzema en équipe de France. Quatorze ans sont passés et la marque du Madrilène en Bleu est dérisoire au regard de son talent et de son parcours en club.
 

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Vingtième joueur le plus sélectionné de l’histoire avec 81 capes malgré un trou de cinq saisons, Benzema a connu deux grands rendez-vous avec l’équipe de France. D’abord son but face à l’Ukraine lors des barrages à la Coupe du monde 2014 qui fut le moment le plus important de son histoire en sélection. Puis ce premier tour réussi (trois buts) au Brésil à l’issue duquel il fut élu meilleur joueur des phases de poule. Le reste navigue entre le bon, le moyen et le médiocre. Hormis le Mondial 2014, ses grands tournois internationaux virent au fiasco. En 2008, alors qu’il est la nouvelle sensation des Bleus, ses titularisations face à la Roumanie et l’Italie ne donnent rien.
 

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IL A RAREMENT ÉTÉ LE SAUVEUR QUE LA FRANCE ATTENDAIT

En 2012, alors qu’il est encore celui qui doit sortir les Bleus du précipice post-Knysna, il rate sa compétition. Malgré deux passes décisives et une place de titulaire indiscutable, il n’inscrit aucun but. La compétition est tout à la fois un échec collectif et personnel. Mais Didier Deschamps, comme Laurent Blanc avant lui, ne cède pas face à la pression médiatique et populaire et maintient Benzema en pointe malgré une terrible disette personnelle de 1222 minutes sans marquer. Si Olivier Giroud commence à constituer une alternative crédible, Benzema reste un homme de base, un membre incontournable de la colonne vertébrale de la première partie de mandat de Didier Deschamps.
 
 

Son 8e de finale (Nigeria) et son quart de finale (Allemagne) ratés au Mondial 2014 n’y changeront rien. Deschamps lui confie même pour la première et seule fois de sa carrière le brassard de capitaine en mars 2015. La confiance du sélectionneur lui sera indéfectible jusqu’à sa dernière, et non plus ultime, sortie face à l’Arménie en octobre. L’affaire de la sextape et ses déclarations dans Marca braqueront Deschamps jusqu’à ce mardi.

BENZEMA N’A JAMAIS CONNU UNE ÉQUIPE DE FRANCE EN POSITION DE GAGNER

L’histoire reprend au moment même où elle semblait scellée et offre une deuxième chance, pour ne pas dire une deuxième vie, à Benzema en équipe de France. Tout a changé, le voilà entouré de champions du monde. Il n’a jamais connu une telle dynamique, un environnement aussi apaisé et une équipe de France capable de remporter un tournoi. Dans toute sa carrière en sélection, il a oscillé entre des Bleus en construction, en reconstruction ou en pleine dérive.
 
Alors qu’il n’est plus le sauveur ou celui qui doit faire changer son équipe de dimension, les attentes seront moins lourdes sur ses épaules que lors de son premier mandat même si son retour soulève une folle excitation. Il n’est plus le leader ni la figure centrale mais un membre, forcément important, d’un collectif qui a déjà prouvé, sans lui, qu’il pouvait régner sur le monde. Et c’est sans doute ce qui pouvait lui arriver de mieux.

L’EURO AVANT LE QATAR ?

A 33 ans, il peut désormais espérer disputer l’Euro mais aussi la Coupe du monde au Qatar. Comment l’histoire va-t-elle se terminer ? C’est tout l’enjeu de ce retour inattendu. Alors qu’à 20 ans son aventure s’annonçait rectiligne et son destin tout tracé en sélection, il lui faudra attendre ses 33 ans pour faire basculer son destin chez les Bleus. Son itinéraire est cabossé, tortueux, imprévisible et unique. On pensait en connaître le point final, il est désormais ouvert à tous les possibles.
 

Pourquoi Deschamps a-t-il autant tardé à rappeler Benzema ?