La victoire de Chloé Zhao censurée par la Chine

Pendant que la victoire historique de Chloé Zhao, qui a remporté l’Oscar de la meilleure réalisation pour son film Nomadland, était relayée dans tous les médias d’Amérique, en Chine, son pays d’origine, il n’y avait aucune trace de sa réussite. Une réaction que les experts attribuent à la volonté de la Chine « d’effacer » la cinéaste, qui a osé critiquer le régime de Pékin il y a huit ans.

Dimanche soir, Chloé Zhao est devenue la première femme de couleur sacrée meilleure réalisatrice pour son long métrage Nomadland, qui a lui-même remporté l’Oscar du meilleur film. Un doublé célébré ici comme aux États-Unis au nom de la diversité, réclamée depuis des années au petit et au grand écran. Mais en Chine, son pays d’origine, sa victoire a été accueillie par un silence répressif.

Sur les réseaux sociaux chinois, les articles et messages concernant la cérémonie et Mme Zhao ont été rapidement étouffés. Un mot-clic intitulé « Chloé Zhao remporte le prix de la meilleure réalisation » a été censuré des plateformes numériques. Lorsque les utilisateurs inscrivaient le mot-clic, ils tombaient sur un message d’erreur indiquant que « conformément aux lois, règlements et politiques en vigueur, la page est introuvable ». Les deux médias d’État, CCTV et Xinhua, sont également restés muets sur sa victoire.

Pas un hasard

Pour la chercheuse Gabrielle Gendron, de l’Observatoire des conflits multidimensionnels de la chaire Raoul-Dandurand, ce n’est pas un hasard que cet évènement se produise à quelques mois du 100e anniversaire du Parti communiste chinois, le 1er juillet.

 

« En vue du centenaire, la Chine a mis en branle une série de défenses politiques pour renforcer la loyauté et l’unité [des citoyens] autour du Parti communiste », explique Mme Gendron. Par exemple, les autorités chinoises ont ordonné aux cinémas de diffuser au moins deux films de propagande par semaine d’ici la fin de l’année. De même, elles ont encouragé la population à dénoncer les « diffamations, attaques et distorsions malveillantes » à l’égard de la Chine.

D’un côté, Pékin est beaucoup plus rapide sur sa répression et sa censure, et de l’autre, Chloé Zhao représente une traîtrise aux yeux de la Chine.

La chercheuse Gabrielle Gendron

Elle fait référence à la controverse qu’a suscitée la réalisatrice, en mars dernier. Des remarques qu’elle avait faites au magazine américain Filmmaker en 2013, décrivant la Chine comme un pays « où il y a des mensonges partout », ont ressurgi en pleine campagne promotionnelle pour son film.

« Je suis partie soudainement en Angleterre et j’ai réappris mon histoire. Étudier les sciences politiques dans une université libérale était pour moi un moyen de comprendre ce qui est réel », avait-elle confié à l’époque à Filmmaker.

La date de sortie initiale de Nomadland en Chine était le 23 avril, mais le film n’est jamais sorti en salle.

« Elle aurait pu être l’enfant prodige de la Chine. Il n’a fallu qu’une seule critique pour qu’elle devienne un outil politique pour rallier le peuple chinois sous le gouvernement communiste », remarque Mme Gendron.

Effacée des réseaux sociaux

La réaction de Pékin ne surprend pas du tout l’ancien ambassadeur du Canada en Chine Guy Saint-Jacques. Elle s’inscrit dans une décennie de répression autoritaire, marquée par l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. « Avant 2013, les citoyens pouvaient encore émettre des opinions personnelles. Aujourd’hui, le gouvernement leur rendrait la vie intenable », affirme le diplomate.

Et c’est ce qui est arrivé à Chloé Zhao, selon lui. Non seulement elle est devenue un persona non grata aux yeux du gouvernement chinois, mais ce dernier l’a carrément effacée des réseaux sociaux.

Un billet annonçant la victoire de la réalisatrice publié par le magazine cinématographique Watch Movies, qui compte plus de 14 millions d’adeptes sur le réseau social Weibo, a été censuré quelques heures après sa parution, lundi matin. Douban, application populaire auprès des cinéphiles, a interdit les recherches associées à Nomadland, déclarant que « les résultats de la recherche ne pouvaient pas être affichés conformément aux lois et réglementations en vigueur ».

Le régime chinois est extrêmement autoritaire, mais il est aussi très efficace. Il peut littéralement effacer l’existence d’une personne.

Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine

Sur les réseaux sociaux, les utilisateurs ont fait preuve de créativité pour féliciter la cinéaste. Certains ont eu recours aux initiales « zt » (Zhao Ting, son nom complet en chinois) pour échapper aux censeurs.

Relation sino-américaine tendue

Lors de son discours d’acceptation sur la scène aménagée à l’Union Station de Los Angeles, Chloé Zhao a cité un vers d’un poème qu’elle avait mémorisé avec son père lorsqu’elle était enfant, et qui se traduit par : « Les gens, à la naissance, sont bons. »

Pour la journaliste établie à Londres et spécialiste de la Chine Amy Hawkins, la victoire de Mme Zhao témoigne qu’un dialogue entre les États-Unis et la Chine est encore possible. « Le gouvernement chinois et la récente administration Trump ont poussé la Chine et l’Occident dans des sphères politiques de plus en plus polarisées. Le succès de Chloé Zhao en Occident et son adoption par Hollywood minent l’affirmation du gouvernement chinois selon laquelle l’Amérique est fondamentalement hostile au peuple chinois », juge-t-elle.

À ce propos, le Global Times, un journal conservateur chinois, a rompu le silence médiatique lundi en exhortant Mme Zhao à jouer un « rôle de médiatrice » entre la Chine et les États-Unis et à « éviter d’être un point de friction ». « Nous espérons qu’elle pourra devenir de plus en plus mature », a écrit le journal dans un éditorial qui n’est plus accessible.

LÉA CARRIER
LA PRESSE

L’UEFA permet de fortes sanctions contre les 12 clubs de la Super League

Si le projet de Super League a pris du plomb dans l’aile avec les désistements de dix clubs, l’instance européenne brandit la menace de possibles sanctions. Ainsi, cette dernière pourrait sanctionner lourdement les douze écuries à l’origine du projet.

La Super League n’aura été qu’un projet éphémère. Officialisée dans la nuit de dimanche à lundi, cette future compétition s’est heurtée ces dernières heures à un gigantesque tollé dans le microcosme du football. Face à cette fronde collective, dix clubs ont déjà rendu leur tablier ces dernières heures.

Officiellement, seuls le Real Madrid et le FC Barcelone ne se sont pas encore désengagés du projet. Une victoire pour le football et l’UEFA, même si cette dernière va devoir clairement revoir sa copie dans les prochains jours sur la Ligue des champions notamment. Excédée par la tournure des événements, l’instance européenne ne compte pas en rester là. Car les dommages collatéraux restent importants malgré ce rétropédalage de dix clubs sur douze impliqués dans le projet.

L’UEFA prête à frapper fort

Interrogé par le site Fotbollskanalen, Karl-Erik Nilsson, un des vice-présidents de l’UEFA est monté au créneau. Le principal protagoniste l’assure, le projet avorté de Super League n’a pas été digéré en interne, et les douze clubs concernés peuvent s’attendre à des représailles. « Le projet a déjà eu des conséquences, d’une certaine manière, puisqu’ils doivent vivre avec leur honte, » lâche ainsi ce dirigeant du Comité exécutif de l’UEFA.

Si la notoriété des douze clubs en a déjà pris un sacré coup, les intéressés peuvent également s’attendre à des sanctions sur le plan sportif, révèle ainsi le dirigeant scandinave. « Nous devrons discuter d’éventuelles conséquences additionnelles. Mais il y aura de toute façon des conséquences, sur les questions de confiance notamment, et sur leur crédibilité à l’avenir. » Qu’on se le dise, l’UEFA ne laissera rien passer et ne s’interdit rien concernant les douze dissidents. Le football européen reste plus que jamais en ébullition…

By footmercato.net Cedric Rablat

« Sans les mains ! » Elon Musk poste une vidéo d’un singe jouant à un jeu vidéo via un implant cérébral

TECHNOLOGIE « Bientôt nos singes seront sur Twitch et Discord haha », a tweeté l’entrepreneur milliardaire

La vidéo a déjà été vue plus de 300.000 fois. Le milliardaire américain Elon Musk a publié vendredi sur son compte Twitter la vidéo d’un singe jouant au jeu vidéo Pong sans autre manette que le pouvoir de son cerveau, grâce à une puce connectée implantée dans son crâne par la start-up Neuralink.

« Un singe joue à un jeu vidéo de façon télépathique grâce à une puce dans son cerveau », a ainsi tweeté l’entrepreneur futuriste, patron de Neuralink, mais aussi fondateur de Tesla et SpaceX. « Bientôt nos singes seront sur Twitch et Discord haha », a-t-il ajouté.

Dans la vidéo, on peut voir le macaque Pager contrôler de ses yeux les mouvements d’une raquette pour empêcher que la balle ne tombe dans le vide, comme on pourrait le faire avec un joystick, un écran tactile ou les flèches sur un clavier.

« Aider les personnes paralysées ou souffrant de maladies neurologiques »

Le but de l’opération est de dévoiler au grand public le potentiel de Neuralink. « Les premiers produits Neuralink permettront à une personne paralysée d’utiliser son smartphone par la pensée plus vite qu’une personne avec ses doigts », a fait valoir Elon Musk. Il espère que les puces de Neuralink serviront d’abord à aider les personnes paralysées ou souffrant de maladies neurologiques. Mais l’objectif à long terme est de rendre les implants si sûrs, fiables et simples qu’ils relèveraient de la chirurgie élective (de confort).

 En août dernier, la start-up avait présenté des cochons auxquels elle avait implanté le prototype de puce sans fil, de 23 mm de diamètre sur 8 mm d’épaisseur (comme une petite pièce de monnaie).

D’autres d’interfaces cerveau-machine sont en cours de développement. Facebook finance ainsi un projet pour traduire en mots l’activité du cerveau, via des algorithmes, afin de permettre aux personnes rendues muettes par des maladies neurodégénératives de parler à nouveau.

DMX est mort, le rappeur américain avait 50 ans

Le rappeur DMX avait été hospitalisé il y a quelques jours après une crise cardiaque.

CULTURE – Le rappeur américain DMX est mort ce vendredi 9 avril dans un hôpital de la banlieue new-yorkaise, où il était hospitalisé dans un état critique depuis une semaine. Il avait 50 ans. 

DMX, de son vrai nom Earl Simmons, l’une des grandes figures du hip-hop de la fin des années 90 et début des années 2000, avait été hospitalisé vendredi dernier après un infarctus à l’hôpital de White Plains, au nord de New York. Interrogé, son avocat Murray Richman a indiqué à l’AFP qu’il était mort vendredi vers 11 heures du matin, confirmant les informations de médias américains.

“Earl était un combattant qui s’est battu jusqu’au bout”, a indiqué sa famille dans un communiqué largement repris sur les réseaux sociaux juste après l’annonce de sa mort. “Il aimait sa famille de tout son coeur, et nous chérissons les moments passés avec lui (…) “Sa musique a inspiré d’innombrables fans à travers le monde.” 

“DMX était un artiste brillant et une inspiration pour des millions de gens à travers le monde”, a souligné de son côté Def Jam Recordings, maison de disque avec laquelle il avait sorti plusieurs de ses albums les plus connus, dans un communiqué séparé. 

“Son message de victoire par le combat, sa recherche de lumière pour sortir de l’obscurité, sa quête de vérité et de grâce nous a rapprochés de notre propre humanité. Il n’était rien de moins qu’un géant (…) Sa légende vivra à jamais”.

Sa famille devrait communiquer prochainement sur l’organisation de ses funérailles. Lundi 5 avril, plusieurs centaines de ses fans s’étaient retrouvés devant l’hôpital pour prier pour son rétablissement.

 Succès commercial et auprès de la critique

Auteur de huit albums, le dernier en 2015, DMX fait partie des figures les plus noires du hip-hop, exposant ses démons intérieurs dans des hymnes qui lui ont valu un succès aussi bien commercial qu’auprès de la critique.

Connu pour avoir eu des problèmes de drogue, il avait notamment fait une cure de désintoxication en 2019.

Il a eu, tout au long de sa carrière, souvent maille à partir avec la justice, avec des inculpations pour possession de stupéfiants, cruauté envers les animaux, conduite dangereuse, non-paiement de pension alimentaire, ou encore s’être fait passer pour un agent fédéral.

Son premier grand single, “Get At Me Dog”, avec Def Jam, est sorti en 1998, tiré de son premier album en studio, “It’s Dark and Hell Is Hot.”

L’album s’était hissé à la première place du classement de Billboard, avec un deuxième hit, “Ruff Ryders’ Anthem”, marquant le début d’un succès commercial qui durera plusieurs années.

By AFP huffingtonpost.fr

Bande-annonce Space Jam 2 : LeBron James, Bugs Bunny et les Toons jouent au basket

La première bande-annonce de “Space Jam – Nouvelle ère” est en ligne. Au programme : LeBron James, du basket, des Toons en images de synthèse, les dragons de Game of Thrones et un monde virtuel plein de références pop.

Même sport, nouvelle ère. Pour son retour sur les écrans, 24 ans après le premier film emmené par Michael Jordan, l’univers Space Jam passe au 2.0 en plongeant le “King” LeBron James dans un monde virtuel où il devra faire équipe avec Bugs Bunny et les Looney Tunes dans un match de basket contre la Goon Squad, pour sauver son fils enlevé par Don Cheadle, roi du “Serveur Monde”.

Entre film de basket, Ready Player One et Ralph 2.0, Space Jam – nouvelle ère convoque de nombreuses références pop, de Game of Thrones aux Pierrafeu en passant par le Géant de Fer ou Yogi Bear. Quant aux Toons, ils quittent l’animation 2D traditionnelle pour passer à l’image de synthèse. Le coup d’envoi sera donné le 14 juillet 2021.

by Yoann Sardet