Il s’est envolé 20 ans avant Jeff Bezos, qui est Dennis Tito, le premier touriste de l’espace ?

Jeff Bezos, l’homme le plus riche au monde et fondateur du géant de commerce en ligne Amazon, s’est rendu dans l’espace ce mardi 20 juillet 2021. Il a réalisé ce voyage vingt ans après le millionnaire américain Dennis Tito, le premier touriste spatial. Voici le parcours de celui qui a ouvert la voie à ce genre de périple très particulier.

Le millionnaire américain Dennis Tito n’oubliera jamais ce 28 avril 2001. Ce jour-là, à bord d’un vaisseau spatial russe Soyouz, il a volé dans l’espace.

« J’ai atteint l’objectif d’une vie », complète-t-il micro de la chaîne de télévision américaine CNN. Âgé de 60 ans à l’époque, Dennis Tito est considéré comme étant le premier touriste spatial : il n’est pas astronaute de métier et a payé pour effectuer ce voyage.

Il s’est envolé vingt ans avant le milliardaire britannique Richard Branson et Jeff Bezos, le fondateur du géant de la vente en ligne Amazon et l’homme le plus riche du monde, qui a voyagé dans l’espace pendant onze minutes ce mardi 20 juillet 2021.

Subjugué par Youri Gagarine

Pour comprendre comment Dennis Tito est devenu le premier touriste spatial, il faut remonter au 12 avril 1961. Ce jour-là, le cosmonaute russe Youri Gagarine devient le premier humain à avoir effectué un vol dans l’espace.

À New York, où il est né une vingtaine d’années plus tôt, le jeune Dennis Tito est subjugué. Ce fils d’une couturière et d’un imprimeur du quartier du Queens se décide à marcher dans les traces du Russe.

Ce rêve semble façonner ses études, et sa carrière : diplômé en astronautique, en aéronautique et en ingénierie, il commence à travailler à la Nasa, l’agence spatiale américaine, comme le raconte l’encyclopédie Britannica . L’ingénieur participe notamment à l’élaboration de missions visant à envoyer des sondes sur Mars.

En 1972, changement de domaine. Des sciences de l’espace, Dennis Tito passe à celles de la finance. Il fonde une société d’investissement, et applique ses compétences en mathématiques au monde des marchés.

Au cours de ces années finance, Dennis Tito gagne de l’argent. Beaucoup d’argent. Il devient millionnaire, et, même s’il ne travaille plus pour l’agence spatiale américaine, son rêve de partir un jour dans l’espace ne le quitte jamais.

L’histoire de Dennis Tito rebondit en 1991. L’Union soviétique commence à s’effondrer et le millionnaire prend contact avec des représentants de l’État.

Le thème des discussions ? Participer à une mission spatiale, moyennant finances. Les échanges n’aboutissent pas, mais reprennent à la fin des années 1990 souligne encore CNN.

« Les Russes avaient beaucoup de mal à financer leur programme spatial, raconte le millionnaire. Je me suis dit que je pourrais peut-être m’engager avec eux ». Traduction : payer pour partir dans l’espace.

Le timing est bon. À l’époque, la société MirCorp, entend « exploiter » la station spatiale russe, Mir, de « façon privée », comme nous l’expliquait le journaliste spécialisé Olivier Sanguy en 2019.

Six jours dans la Station spatiale internationale

En juin 2000, le quotidien américain The New York Times rapporte que le millionnaire a signé un chèque de 20 millions de dollars d’alors (environ 30 millions de dollars aujourd’hui) à l’ordre de MirCorp pour s’envoler dans l’espace et rejoindre les installations en orbite.

Ce voyage ne verra jamais le jour, mais Dennis Tito n’abandonne pas. En 2000, il arrive en Russie et commence un entraînement intense à la Cité des étoiles, ce complexe bâti près de Moscou où les cosmonautes russes se préparent à quitter la Terre.

« Ce n’était pas facile, raconte-t-il au site spécialisé Space.com J’ai dû passer huit mois en Russie sans vraiment savoir si je pourrais voler ou non. »

En avril 2001, enfin, Dennis Tito arrive au cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. Il rejoint les cosmonautes Talgat Moussabaïev et Iouri Batourine, qu’il va accompagner dans l’espace.

Le samedi 28 avril, la fusée qui transporte le vaisseau Soyouz de l’équipage décolle. L’engin s’arrimera ensuite à la Station spatiale internationale, où les trois hommes passeront six jours. Le 6 mai, la capsule qui ramène l’équipage se pose sur Terre, dans les steppes du Kazakhstan. Dennis Tito a fini son voyage dans l’espace.

Une histoire de ténacité, pour celui que le journal Le Monde décrivait comme « un millionnaire américain bien ordinaire. » Après le millionnaire, sept autres touristes spatiaux ont voyagé dans l’espace jusqu’à 2009, selon le décompte de CNN. Une liste à laquelle il faut désormais ajouter Richard Branson et Jeff Bezos.

BALLON D’OR: QUI EST LE FAVORI APRÈS L’EURO 2021 ET LA COPA AMERICA?

La saison 2020-2021 de football s’est achevée ce week-end avec la victoire de l’Argentine à la Copa America, et celle de l’Italie à l’Euro 2021. De quoi influencer les votes pour le prochain Ballon d’or? Probablement.

Après une année de pause, Covid oblige, le Ballon d’or va faire son grand retour en 2021. Si théoriquement, le plus prestigieux des trophées individuels récompense en décembre le meilleur joueur du monde sur une année civile, c’est souvent sur la saison précédente que sont jugés les prétendants.

En 2019 par exemple, la liste des nommés avait été publiée dès le mois d’octobre, et le vote avait eu lieu dans les semaines suivantes. Autant dire que l’exercice 2020-2021, et les grandes compétitions internationales qui viennent de s’achever, vont servir de références. Et que certains joueurs – surtout un – ont déjà pris une belle avance…

Messi: la Copa America qui pourrait (devrait ?) faire la différence

Le génie de Rosario a déjà reçu six fois le Ballon d’or, sans avoir remporté la moindre compétition majeure avec l’Argentine. Alors maintenant que son compteur avec l’Albiceleste est débloqué, le septième trophée semble plus qu’à sa portée…

Meilleur joueur de la Copa America, meilleur buteur ex-aequo, et meilleur passeur, Messi a enfin mis tout le monde d’accord avec le maillot de l’équipe nationale sur les épaules, et a d’ailleurs eu droit à de belles félicitations de Neymar, finaliste malheureux.

De quoi frapper fort dans l’esprit des votants, d’autant que la Pulga sort d’une jolie saison avec le Barça. Malgré un faux-départ à l’été 2020, et un début d’automne poussif, l’Argentin a terminé l’exercice 2020-2021 en club avec 38 buts (dont 30 en Liga) et 14 passes décisives. Alors oui, il n’a soulevé que la Coupe du Roi, et pas la Liga ni la Ligue des champions. Mais le bilan est tout de même solide. Suffisamment du moins pour être à ce jour le favori numéro 1.

Jorginho: les deux plus belles compétitions dans la poche, mais un truc en moins

Avec le triomphe de Chelsea en Ligue des champions, et celui de l’Italie à l’Euro, ils ne sont que deux joueurs cette saison à avoir remporté les deux plus grosses compétitions sur le Vieux-Continent: Emerson, et Jorginho.

Vu le temps de jeu du premier en club (88 minutes en Premier League), son cas est vite réglé. Mais pour Jorginho, le débat est ouvert. Associé à N’Golo Kanté chez les Blues, et à Marco Verratti et Nicolo Barella lors des derniers matchs de la Nazionale, le milieu de terrain a prouvé qu’il est un joueur très complet, vaillant, qui ne rechigne pas sur le travail de l’ombre.

Mais voilà, ce dernier point est aussi sa “faiblesse” dans la course au Ballon d’or. Jorginho n’est jamais un joueur vedette de son équipe, et il n’est pas non plus un joueur de stats (8 buts, 2 passes cette saison avec Chelsea). Les plus pointilleux lui reprocheront aussi d’avoir manqué son tir au but face à l’Angleterre.

Interrogé après la partie sur le sujet du Ballon d’or, le Brésilien de naissance n’avait lui-même pas l’air d’y croire. “Question suivante, a-t-il coupé. Je ne veux pas parler de ça, je ne veux pas y penser, je veux juste profiter de ce moment avec les autres.”

Kanté, Mbappé, Benzema: les Français plombés par l’Euro

Et les Bleus dans tout ça? Avec l’élimination face à la Suisse en huitième de finale de l’Euro, ils semblent un peu sortis du jeu… Avant la compétition, trois pouvaient se placer en prétendants crédibles: N’Golo Kanté, Kylian Mbappé, et Karim Benzema.

Kanté a été étincelant avec Chelsea cette saison, et avait le vent en poupe juste après la finale de la Ligue des champions. Mais il a semblé épuisé lors de l’Euro 2021, et n’a pas su retrouver ce niveau avec l’équipe de France. Peut-être aussi parce qu’il n’avait pas les mêmes joueurs à ses côtés, un Paul Pogba n’ayant pas le profil d’un Jorginho.

Mbappé s’était lui auto-proclamé comme candidat au Ballon d’or après un exercice 2020-2021 fructueux (42 buts avec le PSG), mais il n’a pas fait trembler une seule fois les filets durant l’Euro, et a en plus terminé la compétition avec une image brouillée par des déclarations maladroites.

Quant à Benzema, il n’a rien à se reprocher avec le Real (30 buts), rien non plus à se reprocher avec les Bleus cet été (4 buts). Mais voilà, il termine la saison sans avoir gagné la moindre compétition.

De Bruyne, Kane, Donnarumma, Lewandowski, Ronaldo: d’autres candidats en embuscade

Si la Belgique avait remporté l’Euro, Kevin De Bruyne aurait sans doute été le rival numéro 1 de Lionel Messi ce lundi, voire le favori, tant il sortait d’une belle saison avec Manchester City, malgré plusieurs pépins physiques. Apparu à l’Euro au milieu de la phase de poules, le maître à jouer des Diables a immédiatement été décisif, mais n’a pu empêcher la défaite face à l’Italie en quart. Le constat est un peu le même pour Romelu Lukaku, vainqueur de la Serie A avec l’Inter avant l’Euro, qui a montré qu’il est l’un des avant-centres les plus complets de la planète.

Côté anglais, Harry Kane et Raheem Sterling ont été en vue avec les Three Lions. Mais ils ont perdu la finale. De plus, le premier n’a terminé que 7e de Premier League avec Tottenham, et le second a lui vécu à City des mois assez compliqués sous les ordres de Pep Guardiola.

Comme Jorginho, Gianluigi Donnarumma peut se vanter d’avoir triomphé à Wembley. Il a même terminé l’Euro avec le trophée de meilleur joueur dans les mains, après une jolie saison en Serie A avec l’AC Milan (2e derrière l’Inter). Mais le futur Parisien est un gardien, ce qui n’aide jamais lorsque l’on parle de Ballon d’or, et n’a encore jamais disputé le moindre match de Ligue des champions.

Robert Lewandowski, qui aurait probablement été lauréat en 2020 avant l’annulation, a encore réalisé une saison 2020-2021 de haute volée, avec 48 buts marqués pour le Bayern, une Bundesliga dans la poche, une Coupe du monde des clubs, et un joli parcours en Ligue des champions avant l’élimination en quarts de finale, pour lesquels il était blessé. Il a aussi marqué trois buts en phase de poules de l’Euro, avec la modeste Pologne, mais il n’a pu éviter la sortie au premier tour. Il n’y est pas pour grand-chose, mais c’est tout de même ce qui devrait lui faire perdre des votes.

Reste enfin le cas Cristiano Ronaldo. Le quintuple Ballon d’or n’a soulevé que la Coupe et la Supercoupe d’Italie cette saison, son appétit de buts ne rend pas toujours service à son équipe, mais il marque, encore et encore… 36 fois avec la Vieille Dame, 5 fois de plus à l’Euro 2021 avec le Portugal, pour finir co-meilleur réalisateur. De quoi marquer de gros points dans les votes des observateurs, à coup sûr.

C.C

JO de Tokyo 2021: Une femme tente d’éteindre la flamme olympique avec un pistolet à eau

Opposée à la tenue des Jeux olympiques à l’heure de l’épidémie de Covid, cette quinquagénaire a été interpellée.

JEUX OLYMPIQUES – Le geste est plus symbolique que dangereux, mais il fait beaucoup parler au Japon. Ce dimanche 4 juillet, alors que la flamme olympique passait par la préfecture d’Ibaraki, au centre de l’île de Honshū, une femme a tenté de l’éteindre à l’aide d’un pistolet à eau, comme le montre notre vidéo en tête d’article

Un geste qu’elle a immédiatement justifié par son opposition à la tenue des Jeux olympiques de Tokyo 2020 (décalés d’un an, du 23 juillet au 7 août), alors que le Japon fait partie des pays riches les plus à la traîne en ce qui concerne la vaccination contre le covid-19. 

Âgée de 53 ans, Kayoko Takahashi, une chômeuse, a été interpellée après son geste, alors qu’elle lançait: “Je suis contre les Jeux olympiques. Arrêtez les Jeux olympiques”. Comme le précise le quotidien de référence Asahi Shinbun, les autorités craignent notamment que la quinquagénaire ait projeté un autre liquide que de l’eau en direction de la flamme.

Comme elle, de nombreux Japonais déplorent que l’événement soit maintenu dans le contexte d’une crise sanitaire loin d’être sous contrôle. À l’heure actuelle, alors qu’une partie du Japon vit avec des restrictions sanitaires extrêmement fermes, notamment à Tokyo qui vit en quasi état d’urgence, la contagiosité du variant Delta et la recrudescence du nombre de cas inquiètent effectivement la population.

Le relais de la flamme olympique dans les rues de Tokyo va par exemple devoir se faire en partie à huis clos et a même été interdit ailleurs dans le pays, mais les épreuves sportives, elles, devraient se dérouler normalement, sans que la question du public ait encore été tranchée. Si une jauge de 10.000 personnes au maximum sur chaque site olympique (dans la limite de 50% de la capacité maximale du lieu) a pour l’heure été décrétée, la situation sanitaire pourrait pousser à la revoir à la baisse, voire à assister à des Jeux sans public.

Si le Japon a été relativement épargné par le covid-19, avec moins de 15.000 décès recensés officiellement depuis début 2020, son système médical a été fortement éprouvé. Surtout, la campagne de vaccination met beaucoup de temps à se mettre en route, les doses arrivant au compte-gouttes et seuls 10% de la population a déjà été totalement vaccinée.

 

Dimanche, le relais de la flamme olympique dans la préfecture d’Ibaraki avait pourtant bien commencé en étant mené par Zico, ancienne gloire du football brésilien devenu une icône au Japon en y terminant sa carrière avant d’y entraîner certains des plus grands clubs ainsi que la sélection.

 
 

COMMENTAIRE. Euro 2021 : France, Portugal, Allemagne… le groupe de la mort a tué les cadors

La France, l’Allemagne et le Portugal, tous sortis du « groupe de la mort » de l’Euro 2021, ont été éliminés dès les huitièmes de finale, respectivement par la Suisse, l’Angleterre et le Portugal.

En novembre 2019, à Bucarest en Roumanie, le tirage au sort de l’Euro 2020 (finalement joué en 2021) n’avait pas épargné la France, l’Allemagne et le Portugal. Le hasard plaçait les trois derniers vainqueurs des grandes compétitions internationales (Coupe du monde 2014 pour l’Allemagne, Euro 2016 pour le Portugal, Coupe du monde 2018 pour la France) dans le même groupe, ce qui n’était jamais arrivé.

Le groupe F, désigné « groupe de la mort », c’était la promesse, pour les téléspectateurs, de voir de belles affiches dès le début de la compétition, mais un casse-tête pour les sélectionneurs. Il fallait être prêt dès le départ, trop tôt peut-être pour aller au bout. Car les cadors sont programmés pour monter en puissance durant la compétition, pour arriver dans un état de forme optimal à partir des quarts de finale.

Organismes éprouvés

S’il n’a tué personne, puisque les trois équipes se sont qualifiées pour les 8es de finale, l’influx nerveux et physique demandé dès l’entame de la compétition aura été fatal dès la phase à élimination directe. Comme si le groupe n’était déjà pas assez relevé, le deuxième et le troisième ont croisé la route de l’Angleterre, chez elle à Wembley, et de la Belgique, numéro 1 au classement Fifa. Quand d’autres huitièmes offraient des oppositions moins « huppées », entre le Danemark et le Pays de Galles ou entre la Suède et l’Ukraine.

Seule la France, en théorie, semblait épargnée, même si elle a probablement hérité du pire meilleur troisième en croisant la route de la Suisse, une sélection toujours très difficile à jouer et 13e au classement internationale.

Paradoxalement, c’est le Portugal, troisième du groupe, qui a finalement été le plus proche de se qualifier. Les coéquipiers de Cristiano Ronaldo ont eu de nombreuses occasions, la possession, mais ont parfois manqué de lucidité dans le dernier geste, de chance aussi, de fraîcheur physique sûrement. Pas étonnant. Les organismes ont été mis à rude épreuve. Les Portugais, comme les Français, ont joué deux de leurs trois rencontres à Budapest, le seul stade de l’Euro sans restrictions de spectateurs, sous une chaleur étouffante. Ce n’est pas la même chose de jouer sous 35 degrés en Hongrie, que par 15 degrés à Londres ou à Amsterdam.

Hormis leur confrontation, elles ont également joué leur rencontre à l’extérieur, à Munich contre l’Allemagne, à Budapest contre la Hongrie. Et comme si tout cela ne suffisait pas encore, les trois équipes ont compté deux à trois jours en moins de récupérations.

Problème d’équité

Ce constat posé, il était donc difficilement envisageable pour les trois équipes d’aller loin dans la compétition, même si les Français semblaient avoir fait le plus dur contre la Suisse en menant 3-1 à dix minutes de la fin. Le manque de fraîcheur physique était flagrant dimanche pour le Portugal, lundi pour la France, mardi pour l’Allemagne. Évidemment, cela n’enlève en rien la prestation des Belges, des Suisses et des Anglais. Mais eux n’ont pas eu à jouer des finales dès la phase de poule. L’Euro dans onze pays a ses bons côtés, mais également ses mauvais, notamment sur le plan de l’équité.

Didier Deschamps doit-il rester sélectionneur des Bleus ?
 

L’histoire avait commencé pour les Bleus à Bucarest un soir de novembre 2019 par un coup du sort. Elle s’est terminée un soir de Juin 2021 à Bucarest par la loterie des tirs au but. La boucle est bouclée.

Texte by    Ouest-France     Pierre GUYON.