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Noël Le Graët: enquête ouverte pour harcèlement moral

Une enquête pour harcèlement moral et harcèlement sexuel a été ouverte lundi, à la suite du signalement pour «outrage sexiste» visant le président de la Fédération française de football.

Une enquête pour harcèlement moral et harcèlement sexuel a été ouverte lundi, à la suite du signalement pour «outrage sexiste» visant le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, a indiqué mardi le parquet de Paris.

Ce signalement a été effectué après le témoignage de Sonia Souid, agente de plusieurs internationales françaises, recueilli par les auditeurs de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), selon le quotidien Le Monde.

Sonia Souid a publiquement dénoncé la semaine dernière, auprès du quotidien L’Equipe et sur RMC, le comportement jugé sexiste de celui qui préside la FFF depuis 2011. «Il m’a dit en tête à tête, dans son appartement, très clairement, que si je voulais qu’il m’aide, il fallait passer à la casserole», a-t-elle affirmé.

Evoquant ses rapports professionnels passés avec le patron du football français, elle explique avoir eu le sentiment «qu’à chaque fois, la seule chose qui l’intéresse, et je m’excuse de parler vulgairement, ce sont mes deux seins et mon cul». Le 11 janvier, Noël Le Graët a été «mis en retrait» de la présidence de la fédération par le comité exécutif.

«A ce stade, je ne connais ni les faits qui me sont reprochés ni les personnes qui en sont à l’origine.»

Noël Graët, président de la FFF
 

Sollicité samedi, le ministère des Sports avait précisé que la ministre Amélie Oudéa-Castéra avait été informée du signalement, conformément à la procédure, et qu’elle n’avait pas vocation à s’exprimer davantage sur le sujet.

«Je viens de prendre connaissance avec étonnement d’un article du Monde faisant état de fuites sur le rapport provisoire en cours de préparation (de l’IGESR)», a réagi samedi de son côté Noël Le Graët, dans une déclaration transmise à l’AFP, après la révélation du signalement dans le quotidien.

«A ce stade, je ne connais ni les faits qui me sont reprochés ni les personnes qui en sont à l’origine, a-t-il déclaré. Plus généralement je m’étonne que des informations puissent être divulguées alors même que le rapport provisoire ne m’a pas encore été transmis et que je n’ai pas été en mesure de faire valoir mes observations sur celui-ci.»

L’enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Texte by Le matin.ch/AFP

Benjamin Mendy, « un prédateur » selon le procureur

Le procès de Benjamin Mendy a repris ce lundi, en fin de matinée, au tribunal de Chester, avec le discours introductif du procureur, qui a présenté le champion du monde 2018 comme un « prédateur ».

Avant une pause à l’heure du déjeuner, près de deux heures plus tard, il a déroulé la moitié de son argumentaire, dans ce dossier très médiatique ; une trentaine de journalistes étaient d’ailleurs présents ce lundi matin, sur les bancs en bois spartiates de la Crown Court. « Ce dossier d’accusation est simple et il n’a pas grand-chose à voir avec le football, a lancé le procureur en préliminaire. Il s’agit plutôt d’un nouveau chapitre d’une très vieille histoire : des hommes qui violent et agressent sexuellement des femmes, parce qu’ils se croient puissants et parce qu’ils pensent pouvoir se tirer d’affaire. »

Sous le regard des deux accusés, assis dans le « dock » et à qui le dossier d’accusation a été également distribué, le procureur Cray poursuit alors son discours, en entrant dans le vif du sujet. Et en évoquant Louis Saha Matturie, d’abord. Le coaccusé (sans rapport avec l’ex-attaquant Louis Saha) est visé par douze chefs d’infractions sexuelles, dont huit viols. Ce lundi, il a été présenté comme un « fixeur » par l’accusation, un « assistant » et un « ami » de Mendy, qui aurait été chargé de « trouver des jeunes femmes et de créer des situations où elles pouvaient être violées et agressées sexuellement », a précisé le procureur.

Un « manoir » dans lequel on pouvait se sentir « vulnérable »

Accusé de huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, Benjamin Mendy a été présenté, tout comme son comparse présumé, comme un « prédateur » par le procureur Cray. Les faits dont est soupçonné le défenseur de Manchester City – suspendu depuis près d’un an par son club – se seraient déroulés à son vaste domicile de Prestbury, dans le Cheshire, entre le 25 octobre 2018 et le 23 août 2021, soit trois jours avant son arrestation. Le natif de Longjumeau (Essonne), qui a passé 134 jours en détention provisoire, bénéficie d’une liberté conditionnelle depuis le 7 janvier.

Le domicile champêtre de Mendy, c’est un « manoir », a poursuivi le procureur, dans lequel on pouvait se sentir « vulnérable, effrayé, isolé ». Une « vulnérabilité accentuée par d’autres faits importants dont vous entendrez parler », a-t-il dit au jury. Tels que la conduite « des plaignantes dans des pièces qu’elles croient verrouillées »« le fait que certaines femmes étaient ivres et que les accusés voulaient qu’elles le soient » et les « différences d’âge et de richesse entre les accusés et les plaignantes ».

« De nos jours, plus personne ne peut douter que :  »Non, ça veut dire non » »

Le procureur Timothy Cray

L’apparente sérénité montrée par Benjamin Mendy, depuis le début du procès, le 10 août, n’est alors plus de mise. Visage fermé, bouche raide, le champion du monde 2018 écoute le procureur poursuivre son adresse au jury : « Voici deux importantes questions que vous allez devoir considérer. Que s’est-il passé dans la maison de Mendy les jours en question ? Qu’y avait-il dans cette maison qui rendait ces femmes vulnérables ? » Une vidéo des différentes pièces du « manoir » du latéral a également été diffusée, sur deux écrans, pendant l’audience. Le joueur et son « assistant » Matturie, qui ont plaidé non coupable de chacune des charges qui pèsent à leur encontre, soutiennent que les plaignantes étaient consentantes, a rappelé le procureur.

« De nos jours, plus personne ne peut douter que :  »Non, ça veut dire non » », a-t-il également lancé, comme un écho aux bouleversements sociétaux engendrés par le mouvement #MeToo. Ce droit fondamental de dire  »non » au sexe doit bénéficier à tout le monde. Et on ne perd pas ce droit parce qu’on est allés dans un bar, qu’on s’est habillés pour sortir en boîte ou qu’on s’est rendus chez un footballeur. » C’est évidemment sur ce thème central – le consentement, ou pas, des victimes présumées – que les jurés devront se prononcer puis aboutir à un verdict à l’issue de ce procès, qui doit durer quinze semaines.

Liverpool – Real Madrid : Confiance, talent, chance… Mais pourquoi c’est toujours le Real qui gagne à la fin ?

FOOTBALL Porté par Thibaut Courtois en finale, par Karim Benzema lors des tours précédents, le Real Madrid a trimballé toute la saison la réussite du champion en C1

  • Sans un Thibaut Courtois extraordinaire, le Real Madrid n’aurait jamais réussi à battre Liverpool samedi au Stade de France (1-0).
  • Le terme de résilience semble avoir été inventé pour ces Merengue, si souvent ballottés cette saison en Ligue des champions, et finalement vainqueurs.
  • Le Real ajoute une 14e C1 dans son armoire à trophées, deux fois plus que le Milan AC, son dauphin au palmarès.

Au Stade de France

Les supporteurs  de Liverpool, dont certains avaient pourtant eu tant de mal à rentrer, ont préféré partir plutôt que de voir ça, une fois la défaite des Reds consommée (1-0). C’est donc dans un Stade de France pratiquement vidé de sa composante rouge que Marcelo, âme du Real Madrid restée sur le banc samedi soir, a brandi le trophée de la Ligue des champions. Pour la 14e victoire du club espagnol dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, record amélioré.

Mais c’est sans doute la plus incroyable, tant les Merengue ont souvent paru fragiles cette saison, voire parfois inférieurs à leurs adversaires en phases finales de C1. Mais ils ont su signer des retournements de situation que même le plus hardi des scénaristes n’aurait pas osé proposer à un producteur. Derrière un sourire que l’on devinait pour une fois forcé, on voyait bien Jürgen Klopp se demander comment ses Reds n’avaient pas été fichus de battre ce Real qu’ils avaient tant malmené.

« On a tiré 23 fois, dont neuf cadrés, a décrypté « OptaJürgen » devant la presse, avant de se pencher sur l’adversaire, qu’il a tenu bien sûr à féliciter : « Le Real n’a cadré qu’un tir. » Mais c’était le bon, sur une frappe ratée de Valverde exploitée au second poteau par Vinicius, juste avant l’heure de jeu…

Courtois, l’ange gardien

Comme souvent cette saison, « Saint Thibaut » Courtois a plané sur la rencontre. Auteur du total monstrueux de neuf arrêts, le gardien belge a écœuré Mohamed Salah, décidément maudit face au Real en finale (même quand Ramos n’est plus là pour le blesser comme en 2018). Courtois, à l’ego aussi solide qu’assumé, a également sorti une parade de Martien dès la 20e minute en déviant sur le poteau un petit bijou d’intelligence signé Sadio Mané. Le demi-finaliste du Mondial 2018 tient enfin la victoire qu’il désirait tant, au moins depuis qu’il avait trébuché sur la dernière marche avec l’Atlético en 2014 contre… le Real.

Au micro de BT Sport, le plus agile des double-mètre a fait dans le grandiloquent (mais juste) : « Hier [vendredi], en conférence de presse, j’ai dit que lorsque Madrid jouait des finales, il les gagnait. J’étais du bon côté de l’histoire. » Des finales, la Maison Blanche n’en a perdu que trois, en 1962, 1964 et 1981. Depuis ce dernier échec contre Liverpool au Parc des Princes (1-0) à l’aube de l’ère Mitterrand, elle reste sur huit finales remportées, parfois facilement, parfois à l’arrache. Mais remportées quand même…

Ancelotti, homme de records

« C’est plus facile de gagner la C1 avec le Real qu’avec une autre équipe, tranche Carlo Ancelotti. La passion particulière des supporteurs, l’histoire, la structure du club… Tout ça rend le club spécial. » L’Italien est lui-même un vainqueur dans l’âme, malgré quelques saisons récentes moins brillantes à Everton ou Naples : titré auparavant deux fois comme joueur, il a établi ce samedi un nouveau record de quatre Ligues des champions empilées comme coach, avec Milan (2003 et 2007) et le Real (2014 et 2022), pour un seul échec contre Liverpool (2005).

« Cette équipe est facile à entraîner, poursuit le « Mister ». Le vestiaire était tranquille pour préparer ce match. Les joueurs ont une confiance incroyable. Cette confiance arrive avec l’histoire de ce club. C’est rare dans le foot. » Et même unique. Au point de vraiment nous faire adhérer à la théorie de l’ADN du winner plutôt qu’à la thèse de « la chatte à Carlo », pourtant aisément défendable cette saison : sans même parler de la finale, Madrid a perdu en huitièmes de finale aller contre le PSG, en quart retour contre Chelsea et en demi-finale aller à Manchester City.

« Il n’y a pas de chance », balaie Karim Benzema

Chaque fois, le Real a failli prendre la porte, et chaque fois, il s’est glissé par la fenêtre jusqu’au tour suivant, porté par le futur Ballon d’Or Karim Benzema, auteur de 15 buts cette saison en C1, dont 10 en phase éliminatoire. Le 16e lui a été refusé samedi en fin de première mi-temps, pour un hors-jeu signalé et confirmé après un interminable recours au VAR. « Il n’y a pas de chance, a balayé sur Canal+ le capitaine aux cinq Coupes d’Europe, l’un des garants avec Modric ou Marcelo de l’équilibre du groupe. La chance, tu peux l’avoir une fois, mais pas à chaque fois. On mérite notre victoire. On a fourni des efforts, on est revenus à chaque fois, on n’a jamais rien lâché. »

Vêtu d’un tee-shirt siglé « 14 » aussi éloquent qu’inesthétique, Ancelotti en a rajouté une couche dans la salle de presse du Stade de France : « En début de saison, personne ne pensait qu’on pouvait gagner cette compétition. On l’a mérité. On a beaucoup souffert durant notre parcours, mais on ne s’est jamais démoralisés. » Même quand Kylian Mbappé a préféré rester au PSG à l’issue d’une telenovela à rebondissements ? « Aujourd’hui, Mbappé n’existe pas, il y a la fête du Real Madrid », a tranché le président Florentino Perez sur la chaîne espagnole Movistar, avec l’insolence des gens à qui tout réussit.

Texte de Nicolas Stival 20Minutes.fr

ARCROBAR ACTU X 3

Xavi
Thomas Pesquet
Cop26

Xavi
L’ancien milieu de terrain Xavi Hernandez est devenu officiellement lundi le nouvel entraîneur du FC Barcelone. Il a déclaré vouloir sortir le club d’une «situation difficile» lors de sa présentation officielle au Camp Nou.

Thomas Pesquet
Ainsi s’achève la deuxième mission dans l’espace de sa carrière: le Français Thomas Pesquet est rentré sur Terre dans la nuit de lundi à mardi, après un séjour de six mois en orbite dans la Station spatiale internationale qui s’est conclu par un amerrissage réussi au large des côtes de Floride.

Cop26
Même en respectant les nouvelles promesses de la Cop26, on serait encore loin du compte.
Les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour 2030 ne seront pas suffisants.
La première semaine de la conférence climat Cop26 a vu une série d’annonces de pays promettant de faire plus pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mais il est difficile à ce stade d’évaluer leur impact sur le futur réchauffement.

Football : le mercato du « Big Five »

Que ce soit en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en Espagne ou en France, le mercato qui s’est achevé mardi soir a été plein de surprises. Mais le marché reste fortement ralenti par la pandémie de Covid-19, qui a contraint de nombreux grands clubs à se serrer une nouvelle fois la ceinture.

Ce mercato d’été restera dans les mémoires. D’abord à cause de l’arrivée en grande pompe de Lionel Messi au Paris Saint-Germain. Mais aussi en raison du retour de Cristiano Ronaldo à Manchester United.

Mais les mouvements des deux joueurs les plus titrés au Ballon d’Or – six pour l’Argentin et cinq pour le Portugais – cachent cependant une autre réalité : la crise sanitaire a mis à mal les finances des clubs européens, qui ont pour la plupart dû limiter les dépenses. Retrouvez les chiffres marquants de ce mercato d’été.

Des dépenses encore en recul

Excepté la Bundesliga, les grands championnats européens ont moins dépensé lors du mercato d’été 2021 par rapport à l’année dernière, déjà marquée par un fort recul causé par la pandémie de Covid-19. Des cinq grands championnats européens, c’est la Série A italienne et la Liga espagnole qui ont accusé les plus fortes baisses (respectivement -25 % et -27 %).

La Premier League toujours aussi dynamique

La Premier League est bien le championnat le plus puissant d’Europe : malgré un contexte économique difficile, les clubs anglais ont déboursé cet été plus de 1,5 milliard d’euros en transferts. C’est près de trois fois plus que l’ensemble des clubs de Ligue 1.

Signe de cette attractivité anglaise : les transferts de Jack Grealish à Manchester City (117,5 millions d’euros), de Romelu Lukaku à Chelsea (115 millions) et de Jadon Sancho à Manchester United (85 millions) ont été les trois plus gros mouvements du mercato au niveau européen.

La Série A : un regain d’attractivité après l’Euro ?

Après la victoire de la « Squadra Azzura » à l’Euro , la Série A italienne devrait bénéficier d’un regain de popularité pour la saison 2021-2022. Le championnat italien a perdu Cristiano Ronaldo, Gianluigi Donnarumma et Romelu Lukaku, mais il a su conserver un grand nombre de joueurs de l’équipe nationale championne d’Europe.

Au total, les clubs italiens ont dépensé 552 millions d’euros en transferts. C’est nettement moins que l’année passée (732 millions).

Maintien pour la Bundesliga allemande

Les clubs allemands sont les seuls à avoir plus dépensé en 2021 qu’en 2020 (+42 %). Pourtant, selon KPMG, le championnat allemand est celui qui a le plus pâti de la fermeture des stades en raison du Covid, avec 157 millions d’euros de pertes pour les 18 clubs de l’élite allemande. A titre de comparaison, la Ligue 1 a perdu 48 millions d’euros de recettes de billetterie.

Vice-champion d’Allemagne la saison passée, le RB Leipzig confirme sa montée en puissance avec 107,8 millions dépensés cet été sur le mercato, soit plus de trois fois plus que l’an dernier. Le Bayern de Munich a, lui, lâché 57,5 millions, contre un peu plus de 62 millions l’année précédente. Au total, les clubs allemands ont dépensé 416 millions d’euros en transferts.

La Ligue 1 tirée par le PSG

Comme chaque année depuis l’été 2011-2012, c’est le Paris Saint-Germain qui culmine en tête des dépenses du mercato français. Cet été, le club a déboursé plus de 80 millions d’euros, dont près de 60 millions pour s’offrir les services de l’international marocain Achraf Hakimi.

Autre moment fort du mercato français : l’arrivée en grande pompe de Lionel Messi à Paris . Un transfert qui n’a rien coûté au Paris Saint-Germain puisque « la Pulga » était en fin de contrat avec le FC Barcelone. Enfin, le feuilleton du départ possible de Kylian Mbappé pour le Real s’est soldé par un non-événement. Pour le moment.

Derrière l’ogre parisien, le Stade Rennais a été le club français le plus dépensier, avec près de 80 millions d’euros déboursés pour sept joueurs, dont l’attaquant de Montpellier, Gaëtan Laborde. A la recherche de renfort dans les derniers jours du marché des transferts estival, l’Olympique Lyonnais achève quasi bredouille cette fenêtre de transferts.

Cure d’austérité pour la Liga espagnole

Au total, les clubs de l’élite espagnole ont dépensé 293 millions d’euros lors de ce mercato d’été, contre près de 400 millions l’année passée (-27 %). Une situation due à la cure d’austérité imposée aux clubs au-delà des Pyrénées, avec notamment la mise en place d’un plafonnement des salaires. En première position, l’Atlético Madrid a dépensé 65 millions d’euros mais n’a encore rien déboursé pour faire revenir Antoine Griezmann. Le champion du monde français, qui avait quitté le club pour Barcelone il y a deux ans, est revenu en prêt après deux saisons noires en Catalogne. 1

Le Real Madrid n’a réalisé qu’une seule transaction pour s’offrir le milieu de terrain français Eduardo Camavinga lors de l’ultime journée du mercato pour 31 millions d’euros (hors bonus). Le défenseur autrichien David Alaba est quant à lui arrivé libre. Confronté à de graves difficultés financières et fortement pénalisé par le plafonnement des salaires, qui l’ont contraint à laisser partir Lionel Messi, le FC Barcelone n’a dépensé que 15 millions d’euros.

texte par PERRUCHE Clément lesechos.fr

LIGA – POURQUOI LIONEL MESSI NE POUVAIT PAS RESTER AU BARÇA, MÊME GRATUITEMENT

LIGA – Lionel Messi a confirmé son départ du Barça ce dimanche en conférence de presse. L’Argentin a expliqué qu’il voulait rester, même au prix d’une baisse drastique de son salaire, mais que les règles de la Liga l’en ont empêché. Il n’aurait en fait pas pu signer à nouveau avec Barcelone, même gratuitement.

« J’ai proposé de baisser mon salaire de 50%. J’ai tout essayé. » Lionel Messi a, dit-il, tout tenté pour rester au FC Barcelone. Mais le sextuple Ballon d’Or, après 21 ans en Catalogne, a dit adieu à son club de toujours lors d’une conférence de presse ce dimanche. Il a expliqué avoir fait le maximum, comme le club et son président Joan Laporta, pour continuer sous la tunique blaugrana. Mais, en raison des règles de la Liga, cela n’a pas été possible. Même si Messi avait, hypothétiquement, décidé de jouer gratuitement pour le club qu’il « aime ».
 
  • Messi : « Le PSG, c’est une possibilité »
Le règlement de la Liga impose en effet une sorte de salary cap. La masse salariale d’un club ne doit pas dépasser 70% de son chiffre d’affaires. Or, dans le cas du Barça et selon les chiffres donnés par le président Joan Laporta lui-même vendredi, la somme des salaires barcelonais représente actuellement… 95% du chiffre d’affaires du club. Ajoutez Messi, et le chiffre atteindrait 110% !
 

BARCELONE PAIE SA GESTION CATASTROPHIQUE

Barcelone paie donc sa gestion catastrophique des dernières années. Le contrat le plus récent de Messi, qui pesait près de 575 millions d’euros, a forcément joué. La récente folie dépensière du club (Coutinho à 145 millions d’euros, Dembélé à 130 millions, Griezmann à 120…) aussi. Le Barça aurait perdu près de 475 millions d’euros l’an passé d’après Laporta, et cumulerait un peu plus d’un milliard d’euros de dettes. Une situation intenable qui a précipité la perte du meilleur joueur de l’histoire du club – voire de l’histoire, tout court.
 
Texte PAR EUROSPORT

BALLON D’OR: QUI EST LE FAVORI APRÈS L’EURO 2021 ET LA COPA AMERICA?

La saison 2020-2021 de football s’est achevée ce week-end avec la victoire de l’Argentine à la Copa America, et celle de l’Italie à l’Euro 2021. De quoi influencer les votes pour le prochain Ballon d’or? Probablement.

Après une année de pause, Covid oblige, le Ballon d’or va faire son grand retour en 2021. Si théoriquement, le plus prestigieux des trophées individuels récompense en décembre le meilleur joueur du monde sur une année civile, c’est souvent sur la saison précédente que sont jugés les prétendants.

En 2019 par exemple, la liste des nommés avait été publiée dès le mois d’octobre, et le vote avait eu lieu dans les semaines suivantes. Autant dire que l’exercice 2020-2021, et les grandes compétitions internationales qui viennent de s’achever, vont servir de références. Et que certains joueurs – surtout un – ont déjà pris une belle avance…

Messi: la Copa America qui pourrait (devrait ?) faire la différence

Le génie de Rosario a déjà reçu six fois le Ballon d’or, sans avoir remporté la moindre compétition majeure avec l’Argentine. Alors maintenant que son compteur avec l’Albiceleste est débloqué, le septième trophée semble plus qu’à sa portée…

Meilleur joueur de la Copa America, meilleur buteur ex-aequo, et meilleur passeur, Messi a enfin mis tout le monde d’accord avec le maillot de l’équipe nationale sur les épaules, et a d’ailleurs eu droit à de belles félicitations de Neymar, finaliste malheureux.

De quoi frapper fort dans l’esprit des votants, d’autant que la Pulga sort d’une jolie saison avec le Barça. Malgré un faux-départ à l’été 2020, et un début d’automne poussif, l’Argentin a terminé l’exercice 2020-2021 en club avec 38 buts (dont 30 en Liga) et 14 passes décisives. Alors oui, il n’a soulevé que la Coupe du Roi, et pas la Liga ni la Ligue des champions. Mais le bilan est tout de même solide. Suffisamment du moins pour être à ce jour le favori numéro 1.

Jorginho: les deux plus belles compétitions dans la poche, mais un truc en moins

Avec le triomphe de Chelsea en Ligue des champions, et celui de l’Italie à l’Euro, ils ne sont que deux joueurs cette saison à avoir remporté les deux plus grosses compétitions sur le Vieux-Continent: Emerson, et Jorginho.

Vu le temps de jeu du premier en club (88 minutes en Premier League), son cas est vite réglé. Mais pour Jorginho, le débat est ouvert. Associé à N’Golo Kanté chez les Blues, et à Marco Verratti et Nicolo Barella lors des derniers matchs de la Nazionale, le milieu de terrain a prouvé qu’il est un joueur très complet, vaillant, qui ne rechigne pas sur le travail de l’ombre.

Mais voilà, ce dernier point est aussi sa « faiblesse » dans la course au Ballon d’or. Jorginho n’est jamais un joueur vedette de son équipe, et il n’est pas non plus un joueur de stats (8 buts, 2 passes cette saison avec Chelsea). Les plus pointilleux lui reprocheront aussi d’avoir manqué son tir au but face à l’Angleterre.

Interrogé après la partie sur le sujet du Ballon d’or, le Brésilien de naissance n’avait lui-même pas l’air d’y croire. « Question suivante, a-t-il coupé. Je ne veux pas parler de ça, je ne veux pas y penser, je veux juste profiter de ce moment avec les autres. »

Kanté, Mbappé, Benzema: les Français plombés par l’Euro

Et les Bleus dans tout ça? Avec l’élimination face à la Suisse en huitième de finale de l’Euro, ils semblent un peu sortis du jeu… Avant la compétition, trois pouvaient se placer en prétendants crédibles: N’Golo Kanté, Kylian Mbappé, et Karim Benzema.

Kanté a été étincelant avec Chelsea cette saison, et avait le vent en poupe juste après la finale de la Ligue des champions. Mais il a semblé épuisé lors de l’Euro 2021, et n’a pas su retrouver ce niveau avec l’équipe de France. Peut-être aussi parce qu’il n’avait pas les mêmes joueurs à ses côtés, un Paul Pogba n’ayant pas le profil d’un Jorginho.

Mbappé s’était lui auto-proclamé comme candidat au Ballon d’or après un exercice 2020-2021 fructueux (42 buts avec le PSG), mais il n’a pas fait trembler une seule fois les filets durant l’Euro, et a en plus terminé la compétition avec une image brouillée par des déclarations maladroites.

Quant à Benzema, il n’a rien à se reprocher avec le Real (30 buts), rien non plus à se reprocher avec les Bleus cet été (4 buts). Mais voilà, il termine la saison sans avoir gagné la moindre compétition.

De Bruyne, Kane, Donnarumma, Lewandowski, Ronaldo: d’autres candidats en embuscade

Si la Belgique avait remporté l’Euro, Kevin De Bruyne aurait sans doute été le rival numéro 1 de Lionel Messi ce lundi, voire le favori, tant il sortait d’une belle saison avec Manchester City, malgré plusieurs pépins physiques. Apparu à l’Euro au milieu de la phase de poules, le maître à jouer des Diables a immédiatement été décisif, mais n’a pu empêcher la défaite face à l’Italie en quart. Le constat est un peu le même pour Romelu Lukaku, vainqueur de la Serie A avec l’Inter avant l’Euro, qui a montré qu’il est l’un des avant-centres les plus complets de la planète.

Côté anglais, Harry Kane et Raheem Sterling ont été en vue avec les Three Lions. Mais ils ont perdu la finale. De plus, le premier n’a terminé que 7e de Premier League avec Tottenham, et le second a lui vécu à City des mois assez compliqués sous les ordres de Pep Guardiola.

Comme Jorginho, Gianluigi Donnarumma peut se vanter d’avoir triomphé à Wembley. Il a même terminé l’Euro avec le trophée de meilleur joueur dans les mains, après une jolie saison en Serie A avec l’AC Milan (2e derrière l’Inter). Mais le futur Parisien est un gardien, ce qui n’aide jamais lorsque l’on parle de Ballon d’or, et n’a encore jamais disputé le moindre match de Ligue des champions.

Robert Lewandowski, qui aurait probablement été lauréat en 2020 avant l’annulation, a encore réalisé une saison 2020-2021 de haute volée, avec 48 buts marqués pour le Bayern, une Bundesliga dans la poche, une Coupe du monde des clubs, et un joli parcours en Ligue des champions avant l’élimination en quarts de finale, pour lesquels il était blessé. Il a aussi marqué trois buts en phase de poules de l’Euro, avec la modeste Pologne, mais il n’a pu éviter la sortie au premier tour. Il n’y est pas pour grand-chose, mais c’est tout de même ce qui devrait lui faire perdre des votes.

Reste enfin le cas Cristiano Ronaldo. Le quintuple Ballon d’or n’a soulevé que la Coupe et la Supercoupe d’Italie cette saison, son appétit de buts ne rend pas toujours service à son équipe, mais il marque, encore et encore… 36 fois avec la Vieille Dame, 5 fois de plus à l’Euro 2021 avec le Portugal, pour finir co-meilleur réalisateur. De quoi marquer de gros points dans les votes des observateurs, à coup sûr.

C.C

COMMENTAIRE. Euro 2021 : France, Portugal, Allemagne… le groupe de la mort a tué les cadors

La France, l’Allemagne et le Portugal, tous sortis du « groupe de la mort » de l’Euro 2021, ont été éliminés dès les huitièmes de finale, respectivement par la Suisse, l’Angleterre et le Portugal.

En novembre 2019, à Bucarest en Roumanie, le tirage au sort de l’Euro 2020 (finalement joué en 2021) n’avait pas épargné la France, l’Allemagne et le Portugal. Le hasard plaçait les trois derniers vainqueurs des grandes compétitions internationales (Coupe du monde 2014 pour l’Allemagne, Euro 2016 pour le Portugal, Coupe du monde 2018 pour la France) dans le même groupe, ce qui n’était jamais arrivé.

Le groupe F, désigné « groupe de la mort », c’était la promesse, pour les téléspectateurs, de voir de belles affiches dès le début de la compétition, mais un casse-tête pour les sélectionneurs. Il fallait être prêt dès le départ, trop tôt peut-être pour aller au bout. Car les cadors sont programmés pour monter en puissance durant la compétition, pour arriver dans un état de forme optimal à partir des quarts de finale.

Organismes éprouvés

S’il n’a tué personne, puisque les trois équipes se sont qualifiées pour les 8es de finale, l’influx nerveux et physique demandé dès l’entame de la compétition aura été fatal dès la phase à élimination directe. Comme si le groupe n’était déjà pas assez relevé, le deuxième et le troisième ont croisé la route de l’Angleterre, chez elle à Wembley, et de la Belgique, numéro 1 au classement Fifa. Quand d’autres huitièmes offraient des oppositions moins « huppées », entre le Danemark et le Pays de Galles ou entre la Suède et l’Ukraine.

Seule la France, en théorie, semblait épargnée, même si elle a probablement hérité du pire meilleur troisième en croisant la route de la Suisse, une sélection toujours très difficile à jouer et 13e au classement internationale.

Paradoxalement, c’est le Portugal, troisième du groupe, qui a finalement été le plus proche de se qualifier. Les coéquipiers de Cristiano Ronaldo ont eu de nombreuses occasions, la possession, mais ont parfois manqué de lucidité dans le dernier geste, de chance aussi, de fraîcheur physique sûrement. Pas étonnant. Les organismes ont été mis à rude épreuve. Les Portugais, comme les Français, ont joué deux de leurs trois rencontres à Budapest, le seul stade de l’Euro sans restrictions de spectateurs, sous une chaleur étouffante. Ce n’est pas la même chose de jouer sous 35 degrés en Hongrie, que par 15 degrés à Londres ou à Amsterdam.

Hormis leur confrontation, elles ont également joué leur rencontre à l’extérieur, à Munich contre l’Allemagne, à Budapest contre la Hongrie. Et comme si tout cela ne suffisait pas encore, les trois équipes ont compté deux à trois jours en moins de récupérations.

Problème d’équité

Ce constat posé, il était donc difficilement envisageable pour les trois équipes d’aller loin dans la compétition, même si les Français semblaient avoir fait le plus dur contre la Suisse en menant 3-1 à dix minutes de la fin. Le manque de fraîcheur physique était flagrant dimanche pour le Portugal, lundi pour la France, mardi pour l’Allemagne. Évidemment, cela n’enlève en rien la prestation des Belges, des Suisses et des Anglais. Mais eux n’ont pas eu à jouer des finales dès la phase de poule. L’Euro dans onze pays a ses bons côtés, mais également ses mauvais, notamment sur le plan de l’équité.

Didier Deschamps doit-il rester sélectionneur des Bleus ?
 

L’histoire avait commencé pour les Bleus à Bucarest un soir de novembre 2019 par un coup du sort. Elle s’est terminée un soir de Juin 2021 à Bucarest par la loterie des tirs au but. La boucle est bouclée.

Texte by    Ouest-France     Pierre GUYON.

Euro 2021: pourquoi y a-t-il plusieurs pays hôtes, et pas un seul, comme d’habitude?

Cette année, la compétition sera répartie entre onze pays, contre un habituellement. On vous explique pourquoi.

L’Euro de football, initialement prévu du 12 juin au 12 juillet 2020, a dû être décalé en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Mais cette fois, c’est la bonne. Le Championnat d’Europe de football se tiendra du 11 juin au 11 juillet.

Et, pour la première fois de son histoire, l’Euro aura lieu dans onze villes, issues de onze pays différents. Londres (Angleterre) ; Saint-Pétersbourg (Russie) ; Bakou (Azerbaïdjan) ; Munich (Allemagne) ; Rome (Italie) ; Amsterdam (Pays-Bas) ; Bucarest (Roumanie) ; Budapest (Hongrie) ; Copenhague (Danemark) ; Glasgow (Écosse) et Séville (Espagne), ont été choisies par l’UEFA pour recevoir des matchs.

Avant la pandémie, Dublin (République d’Irlande) et Bilbao (Espagne), devaient accueillir des matchs. Elles sont finalement été remplacées, en avril dernier, par Séville et Saint-Pétersbourg, faute de pouvoir accueillir du public dans leur stade.

Dans toutes les autres éditions de l’Euro, seul un pays était choisi pour être hôte, et les matchs avaient ensuite lieu dans différentes villes du pays organisateur. Pour rappel, en 2016, c’est la France qui avait été choisie, et des matchs avaient eu lieu dans 10 stades : au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq, au stade Bollaert de Lens  ; au stade de Bordeaux ; au stade de Lyon ; au stade Vélodrome de Marseille ; au stade de Nice ; au Parc des Princes de Paris ; au Stade de France de Saint-Denis ; au Stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne et au stade municipal de Toulouse.

C’est aussi parce qu’elle était organisatrice de l’édition 2016 que la France n’a pas candidatée, et donc ne sera pas ville hôte, pour cette nouvelle édition de la compétition européenne.

Une édition exceptionnelle

Mais cette année, l’organisation est donc répartie entre onze villes. Ce choix ne date pas d’hier : la décision a en fait été prise par l’UEFA en 2012. C’est Michel Platini, alors président de l’UEFA, qui propose ce championnat d’Europe 2020 réparti sur plusieurs « 12 ou 13 villes » du Vieux-Continent, rappelle un article de l’Express daté de 2012, pour célébrer les 60 ans de cette compétition. C’est finalement ce qui a été mis en place.

Le site officiel de la compétition affirme bien : « L’UEFA EURO 2020 sera organisé dans toute l’Europe pour la première fois à l’occasion des 60 ans de la compétition, dans onze villes différentes ».

Et qui dit dispositif spécial, dit règles spéciales. Lors de l’organisation classique, le pays hôte est automatiquement qualifié pour le championnat européen. Pas cette fois : « Il n’y aura aucun qualifié direct, toutes les nations avec des villes hôtes ont tenté de gagner leur place pour la phase finale », rappelle l’UEFA.

Quoi qu’il en soit, il s’agit bien là d’une organisation exceptionnelle : l’Euro 2024 a été confié à l’Allemagne.

Text by C. Br. |

McFly et Carlito : Emmanuel Macron déjà en campagne sur Youtube

En lançant un défi aux célèbre duo de youtubeurs, le Président espère bénéficier de leur image cool auprès de la jeunesse. Une stratégie de propagande électorale qui devrait être plus encadrée.

McFly et Carlito ont plus de 6 millions d’abonnés sur Youtube, un talent comique indéniable et peut-être les meilleures intentions du monde. Mais quand ils affirment que faire une vidéo avec Emmanuel Macron ne revient pas à l’aider à se faire réélire, ils se trompent.

Nous sommes le 19 février 2021 quand McFly et Carlito publient une vidéo sur leur chaîne Youtube : «Le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE nous lance un défi. Dinguerie ? Oui.» Les codes du «Youtube Game» sont respectés, les deux youtubeurs commentent et reviennent sur le coup de téléphone que leur a passé plus tôt le Président, et le défi qu’il leur a lancé : réaliser une vidéo sur les gestes barrières qui dépasse les 10 millions de vues. S’ils y parviennent, ils seront alors invités à l’Elysée pour y tourner une nouvelle vidéo, l’occasion pour eux de créer du contenu inédit et la promesse de plusieurs millions de vues supplémentaires. Défi relevé en trois jours : mercredi midi, la vidéo comptabilisait déjà 11 millions de vues. Retour sur une campagne de propagande électorale à destination des 15-25 ans, déguisée derrière une vidéo anodine sur les gestes barrières.

Macron à la recherche de l’effet de Halo

Pour comprendre l’objectif d’Emmanuel Macron derrière ce défi lancé à deux jeunes youtubeurs stars, icônes d’une génération, il faut d’abord comprendre le fonctionnement d’un biais cognitif : l’effet de Halo. L’effet de Halo vous pousse à réaliser des associations d’idées inconscientes, et à transférer les qualités d’une personne ou d’un objet, à la personne ou l’objet qui lui est associée.

Depuis des décennies, ce biais est le fondement de pléthore de campagnes publicitaires où les marques associent l’image d’un sportif ou d’une célébrité à leurs produits, en espérant que, par effet de halo, leur image «déteigne» sur leur produit. Auprès de la génération des 15-25 ans, McFly et Carlito sont des icônes du cool. Leurs vidéos, vues des millions de fois, promettent à leurs abonnés de passer un moment drôle, devant lequel sourire et se vider la tête. Bref, un moment cool. Autrement dit, par ce simple effet de halo, si McFly et Carlito font une vidéo avec Emmanuel Macron, elle rend mécaniquement Emmanuel Macron cool.

Peu importe ce qui s’y dit, et peu importe le sujet, notre cerveau fera l’association inconsciente entre leurs personnalités et l’image d’Emmanuel Macron.

L’image et la personnalité, éléments décisifs pour 2022 ?

En démocratie, nous aimons croire que lorsque les citoyens se rendent aux urnes, ils votent en leur âme et conscience pour un programme, pour des idées, pour une vision de l’avenir. Dans les faits, nous savons que c’est faux. Et d’autant plus avec quelqu’un comme Emmanuel Macron. Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria, en 2017, 8 % des votes pour Emmanuel Macron au second tour l’ont été pour «sa personnalité». 8 %, rapporté à son score du premier tour, ça représente environ 700 000 voix. Or un candidat malheureux répète à cors et cris depuis trois ans et demi qu’en 2017, il aurait été au second tour «à 600 000 voix près». Ce candidat, c’est Jean-Luc Mélenchon.

Depuis 2017, les jeunes (nés entre 1998 et 2005 environ) sont la cible de nombreuses réformes qui ont rendu leurs conditions de vie plus difficiles et leur avenir plus incertain. Avec Parcoursup et la réforme du lycée, leurs chances d’accéder à une bonne formation se sont réduites, et ont creusé les inégalités entre les jeunes issus des centres-villes favorisés, et les autres (banlieues et «province»). Emmanuel Macron n’est pas non plus au rendez-vous des attentes de cette génération en matière de climat, en attestent le non-respect des accords de Paris et ses renoncements /aménagements sur les néonicotinoïdes, le glyphosate et l’interdiction du plastique jetable.

La question également des violences policières, au cœur des préoccupations d’une partie de cette génération comme l’a prouvée l’immense succès de la manifestation du 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris en mémoire d’Adama Traoré et George Floyd, est également un marqueur de rupture avec un président qui ne cache pas son soutien aux méthodes du préfet de police de Paris, Didier Lallement. Et surtout, cette jeunesse est aujourd’hui affamée, et désespérée. Entre l’augmentation exponentielle de la prostitution, physique ou numérique, et l’allongement jour après jour des files d’attente devant les centres d’aides alimentaires, s’impose le constat d’un abandon de toute une génération dans un contexte de crise sanitaire.

Face à cette situation, il est tout à fait raisonnable de penser que l’exécutif a commandé des sondages pour jauger le ressenti de cette génération quant à son action. Et il est tout aussi raisonnable de penser que les résultats de ces sondages ne sont pas bons, d’où le besoin de recourir aux influenceurs pour limiter par la communication les dégâts faits par le politique.

L’influence comme moyen pour contourner les règles

Ce qui arrive entre McFly et Carlito et Emmanuel Macron n’est pas une première sous la présidence LREM, puisque cet exécutif y a déjà eu recours à plusieurs reprises pour délivrer des messages à une population éloignée des médias traditionnels. Qu’il s’agit du youtubeur fitness Tibo InShape pour assurer la promotion du SNU, de l’influenceuse EnjoyPhoenix qui a été invitée à passer une journée avec Brune Poirson, alors secrétaire d’Etat en charge de l’écologie, pour verdir l’image du gouvernement, ou encore de Nino Arial dans le cadre d’une campagne contre le harcèlement, le recours influenceurs est devenu une pratique courante sous le quinquennat d’Emmanuel Macron.

Et cette pratique soulève de nombreuses questions.

Entre leur audience de plusieurs millions d’abonnés et l’effet de halo qu’ils confèrent aux politiques avec lesquels ils collaborent, les influenceurs sont un moyen de propagande politique surpuissant auprès des moins de 30 ans. Mais ils représentent aujourd’hui pour les hommes et les femmes politiques un moyen de contourner l’interdiction française de faire de la publicité sur les réseaux sociaux. En effet, en France la législation qui encadre la publicité à des fins de propagande politique est particulièrement stricte : elle est interdite dans les six mois qui précèdent une élection.

Pas de bannières, pas d’achat de mots-clés, pas de posts sponsorisés sur Facebook ou Instagram, rien. Mais, en l’état, la législation n’interdit pas de commander une vidéo à un influenceur. Or compte tenu du jeune âge de leur audience (souvent mineure) et du fait qu’un influenceur ne soit tenu à aucun devoir de neutralité contrairement à un·e journaliste, une réflexion s’impose pour, a minima, encadrer et légiférer ces pratiques qui représentent un vrai risque pour l’intégrité des scrutins à venir.

par Antoine Kalawski, Liberation.fr